Le congé de paternité et d'accueil de l'enfant dure 25 jours calendaires pour une naissance simple et 32 jours pour des naissances multiples, selon l'article L1225-35 du Code du travail. Il s'ajoute aux 3 jours du congé de naissance payés par l'employeur, ce qui porte le total à 28 jours pour une naissance simple.
Cet article fait partie de la rubrique Budget et démarches. Il présente les règles applicables à un salarié du secteur privé, telles que vérifiées le 30 octobre 2026, puis la façon de préparer ces semaines à la maison. Votre situation exacte (statut, convention collective, naissance multiple) se vérifie toujours sur les sites officiels cités en fin d'article.
Qui a droit au congé de paternité et d'accueil de l'enfant
Le congé de paternité est ouvert au père de l'enfant, mais aussi au conjoint ou à la conjointe de la mère, à son partenaire lié par un pacte civil de solidarité (Pacs) ou à son concubin, la personne qui vit maritalement avec elle. Le lien de filiation avec l'enfant n'est pas une condition : le droit est attaché à la naissance de l'enfant et à la vie commune avec la mère.
Côté statut, le congé existe pour les salariés, mais aussi pour les travailleurs indépendants, qui perçoivent une indemnité journalière forfaitaire, pour les agents publics, les exploitants et salariés agricoles affiliés à la MSA et les demandeurs d'emploi indemnisés. Les conditions d'indemnisation diffèrent selon les régimes : les règles décrites dans la suite concernent le salarié du privé.
Pas besoin d'ancienneté. Aucune condition de ce type n'est exigée pour prendre le congé. L'indemnisation par la Sécurité sociale suppose en revanche des conditions d'affiliation, précisées sur ameli.fr.
Durée : 3 jours, puis 25 jours
Le calendrier se découpe en deux blocs. Le premier est imposé. Le second se choisit.
Le premier bloc commence à la naissance de l'enfant, pendant que la mère est en congé de maternité postnatal si elle est salariée. Le salarié prend d'abord les 3 jours du congé de naissance, rémunérés par l'employeur, puis enchaîne immédiatement avec 4 jours de congé de paternité. Ces 7 jours sont obligatoires : l'employeur ne peut pas faire travailler le salarié pendant cette période.
Le second bloc correspond aux 21 jours restants, ou 28 en cas de naissances multiples. Ils peuvent être pris en une seule fois ou fractionnés en deux périodes d'au moins 5 jours chacune. Ils doivent être pris dans les 6 mois qui suivent la naissance. Des cas de report du congé existent : en cas d'hospitalisation de l'enfant, la période obligatoire est prolongée pendant l'hospitalisation, dans une limite fixée par les textes, et le délai des 6 mois peut être reporté, comme en cas de décès de la mère. La seconde période peut alors être prise plus tard.
Pour chaque période qui ne suit pas directement la naissance, le salarié informe son employeur au moins un mois avant, en indiquant les dates. L'employeur ne peut ni refuser ni reporter le congé quand ce délai est respecté.
| Situation | Congé de naissance (employeur) | Congé de paternité (CPAM) | Dont obligatoire après la naissance | Total |
|---|---|---|---|---|
| Naissance simple | 3 jours | 25 jours | 3 + 4 jours | 28 jours |
| Naissances multiples | 3 jours | 32 jours | 3 + 4 jours | 35 jours |
Sources : Code du travail, articles L3142-1 et L1225-35, et fiches de service-public.gouv.fr, vérifiés le 30/10/2026.
Combien est-on payé pendant le congé paternité
Les 3 jours de congé de naissance sont payés par l'employeur. Comme des jours travaillés.
Pendant la durée du congé de paternité, les jours ne sont pas payés par l'employeur, sauf accord ou convention collective plus favorable. Le salarié perçoit des indemnités journalières versées par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). Leur montant est calculé à partir des salaires des trois mois précédant le congé, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, puis diminué d'un taux forfaitaire.
En 2026, l'indemnité journalière maximale pour la maternité et la paternité est de 104,02 euros brut par jour, selon le barème des indemnités journalières 2026 publié par legisocial.fr à partir des textes officiels. Un salaire inférieur au plafond donne une indemnité plus basse. Le détail du calcul est expliqué sur ameli.fr.
Avant de poser vos dates, deux vérifications sont utiles :
- votre convention collective ou un accord d'entreprise prévoit-il un maintien du salaire, total ou partiel ?
- votre mutuelle ou votre contrat de prévoyance verse-t-il un complément ?
Le service RH ou les représentants du personnel répondent généralement à ces questions. Posez-les tôt.
Le congé supplémentaire de naissance, depuis le 1er juillet 2026
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a créé un nouveau congé, distinct du congé de paternité. D'après la page que la CAF de Tarn-et-Garonne consacre à ce congé, mise en ligne le 2 avril 2026 et consultée le 30/10/2026, ses grandes lignes sont les suivantes.
- Il est accessible depuis le 1er juillet 2026, pour les enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026.
- Chaque parent peut prendre un ou deux mois, en une fois ou en deux périodes d'un mois, en même temps que l'autre parent ou en alternance.
- Il faut avoir pris au préalable l'intégralité de son congé de maternité, de paternité ou d'adoption.
- Il est indemnisé par la CPAM à hauteur de 70 % du salaire net le premier mois et de 60 % le second.
- Il se prend dans les 9 mois suivant la naissance ; pour les enfants nés ou arrivés au foyer entre le 1er janvier et le 31 mai 2026, il se prend entre le 1er juillet 2026 et le 31 mars 2027 (ministère du Travail, page mise à jour le 26 octobre 2026).
- L'employeur est prévenu au moins un mois avant, délai ramené à 15 jours quand le congé suit directement le congé de paternité.
Les deux congés se cumulent. Ce congé ne remplace pas le congé parental d'éducation, qui reste possible ensuite, avec la PreParE versée par la CAF.
Les démarches, étape par étape
- Pendant la grossesse, informez votre employeur de la date prévisionnelle de l'accouchement et des dates envisagées pour le second bloc du congé.
- À la naissance, prenez les 3 jours de congé de naissance puis les 4 jours obligatoires.
- Au moins un mois avant chaque période suivante, confirmez les dates par écrit à l'employeur.
- Transmettez à votre CPAM les justificatifs demandés : copie de l'acte de naissance de l'enfant ou copie du livret de famille pour le père ; pour le conjoint, le partenaire de Pacs ou le concubin, une copie de l'acte de mariage, de la convention de Pacs ou un certificat de vie commune, avec la copie de l'acte de naissance. En cas d'hospitalisation de l'enfant, un bulletin d'hospitalisation est demandé. L'employeur envoie de son côté l'attestation de salaire.
- Si vous envisagez le congé supplémentaire de naissance, notez dès la naissance la date limite pour le demander.
Les pièces exactes varient selon votre situation : la liste à jour figure sur ameli.fr.
Organiser ces semaines à la maison
Le congé de paternité permet d'être présent les premiers jours. Il permet aussi de prendre sa part de l'organisation du foyer dès le départ, avant que les habitudes ne se figent.
Quelques questions à régler à deux, avant la naissance si possible :
- qui gère les rendez-vous médicaux, les démarches administratives et la déclaration à la CAF ;
- qui prend en charge les repas, les courses et le linge pendant les premières semaines ;
- quand placer le second bloc du congé : juste après la naissance, ou plus tard, au moment de la reprise du travail de l'autre parent ;
- comment s'organiser si un aîné doit être conduit à l'école ou à la crèche.
Placer le second bloc au moment où l'autre parent reprend le travail est une option que beaucoup de familles envisagent : elle étale la présence d'un adulte à la maison sur une période plus longue. Le choix dépend de votre situation, de vos contraintes professionnelles et du mode de garde prévu ensuite. Notre article sur le complément de libre choix du mode de garde aide à préparer cette étape.
Côté budget, la baisse de revenus pendant le congé se prévoit. Elle n'a rien d'une surprise. Les allocations familiales et les autres prestations dépendent de votre situation : le simulateur de caf.fr permet de vérifier vos droits avant la naissance.
Par où commencer, concrètement
Dès que la date prévue de naissance est connue, ouvrez votre convention collective ou interrogez le service RH sur le maintien de salaire. Notez dans un agenda partagé la date limite des 6 mois et le délai de prévenance d'un mois. Décidez à deux de la place du second bloc du congé. Enfin, vérifiez sur ameli.fr la liste des justificatifs à envoyer à la CPAM, pour ne pas la chercher dans la semaine qui suit la naissance.
Les questions qui reviennent
Le congé paternité est-il obligatoire ?
Une partie l'est. Les 3 jours de congé de naissance et les 4 premiers jours de congé de paternité qui les suivent sont obligatoires pour le salarié : l'employeur ne peut pas le faire travailler pendant cette période. Le reste du congé est un droit que le salarié choisit d'utiliser ou non.
L'employeur peut-il refuser le congé paternité ?
Non, l'employeur ne peut pas refuser ce congé ni le reporter si le salarié respecte le délai de prévenance. Pour les périodes qui ne suivent pas immédiatement la naissance, le salarié prévient son employeur au moins un mois avant chaque période. Le service-public.gouv.fr propose des modèles de courrier.
Qui peut bénéficier du congé de paternité et d'accueil de l'enfant ?
Le père de l'enfant, et aussi le conjoint ou la conjointe de la mère, son partenaire de Pacs ou la personne qui vit en couple avec elle, quel que soit son lien de filiation avec l'enfant. Les salariés, les indépendants et les demandeurs d'emploi indemnisés y ont accès, avec des conditions propres à chaque statut.
Le salaire est-il maintenu pendant le congé paternité ?
Pas automatiquement. L'Assurance maladie verse des indemnités journalières plafonnées, qui ne couvrent pas toujours le salaire complet. Certaines conventions collectives ou accords d'entreprise prévoient un complément de l'employeur : consultez votre convention ou le service RH.



